Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées
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Communiqué de Presse :
Toulouse le 19 octobre 2007
Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées démissionnent de la Commission Locale d'Information de Golfech.
Vous trouverez ci-dessous et en doc joint la lettre ouverte de démission de la CLI de la centrale nucléaire de Golfech envoyée ce jour à Monsieur Alexis Calafat Président de la CLI de Golfech.
En complément d'information : l' appel de fermeture de Golfech et la Charte du Réseau Sortir du Nucléaire à laquelle les Amis de la Terre de Midi Pyrénées adhèrent.
Merci de diffuser le plus largement possible.
Alain Ciekanski , Président des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées
LETTRE OUVERTE DES AMIS DE LA TERRE MIDI-PYRENEES A M. ALEXIS CALAFAT, PRESIDENT DE LA CLI DE GOLFECH
Monsieur le président de la CLI,
Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées sont membres de la Commission Locale d'information auprès du Centre de production d'électricité nucléaire de Golfech depuis des années.
Pendant le temps où ils ont siégé à la CLI de Golfech, les ATMP :
- ont diffusé, le plus largement qu'il leur était possible, les informations que la CLI recevait et qu'elle ne divulguait pas au grand public ;
- ont mis en garde régulièrement les riverains de la centrale de Golfech et, plus largement, les populations de la région, agglomération toulousaine comprise, contre les effets de la pollution radioactive, chimique et bactériologique due au fonctionnement de la centrale et occultée par EDF ;
- ont rempli une mission pédagogique, que la CLI aurait dû assumer, en révélant quelles menaces effrayantes l'industrie nucléaire civile et militaire française fait peser, en permanence, sur notre pays et sur le monde ;
- ont mis en évidence la soumission scandaleuse d ' une importante majorité des hommes politiques français au lobby nucléaire mondial ;
- ont demandé, sans relâche et sans succès, la création d'une sous-commission de la CLI qui serait chargée d'élaborer des scénarios de sortie rapide ou très rapide du nucléaire en France.
Les ATMP constatent aujourd'hui que leur action au sein de la CLI de Golfech a été vaine et, ce qui est bien pire, qu'au cours de la décennie écoulée, les instances responsables de la CLI de Golfech se sont progressivement et totalement inféodées à la nucléocratie.
Citons deux événements qui témoignent de la servilité croissante des instances de la CLI vis à vis du lobby nucléaire.
Tout d'abord, la participation enthousiaste de la CLI de Golfech aux PPI (Plans particuliers d'intervention) organisés par la Préfecture, qui ont pour but évident d'accoutumer les riverains de la centrale nucléaire à l'idée qu'un accident nucléaire gravissime dans cette centrale n'est plus improbable et serait « gérable ».
Ensuite, au mois de mai dernier, l'organisation, par la CLI de Golfech et l'Association nationale des CLI, d'un séminaire sur le thème « Territoires et post-accident nucléaire », lors duquel fut présentée une étude-pilote lancée en 2004 par la nucléocratie pour déterminer la stratégie optimale à mettre en œuvre afin de « réadapter » les territoires contaminés et leurs habitants après une catastrophe nucléaire majeure, en considérant la situation actuelle en Biélorussie – d ' ailleurs très largement minimisée - comme le retour d'une expérience qui se déroula, le 26 avril 1986, à Tchernobyl…
Les ATMP estiment donc que leur représentation à la CLI de Golfech n'a désormais plus de sens.
Il y a vingt ans déjà, les ATMP avaient demandé aux pouvoirs publics de prendre les mesures qui s'imposaient pour protéger la population de l'agglomération toulousaine contre le danger énorme que représentait pour elle la proximité du pôle industriel Sud de Toulouse.
L'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001, a prouvé que les mises en garde des ATMP, volontairement ignorées ou négligées par les pouvoirs publics, étaient pleinement justifiées.
Aujourd'hui, en démissionnant de la CLI de Golfech, les ATMP veulent signifier, sans ambiguïté, qu'ils refusent de cautionner les dérives criminelles de la nucléocratie et que, pour eux, seuls les promoteurs du nucléaire et la classe politique qui leur obéit servilement devront être tenus pour responsables dans le cas, hélas probable, où une catastrophe nucléaire majeure se produirait en France dans les années à venir.
Alain Ciekanski Président des Amis de la Terre de Midi Pyrénées
www.amisdelaterre.org/Appel-a-la-fermeture-de-Golfech.html <http://www.amisdelaterre.org/Appel-a-la-fermeture-de-Golfech.html>
APPEL A FERMETURE DE GOLFECH
Les Amis de la Terre sont depuis longtemps signataires de la Charte du Réseau Sortir du Nucléaire (voir plus loin).
Or la sûreté dans les installations nucléaires ne cesse de se dégrader, tant pour des motifs économiques qu'à cause des changements climatiques. Cela met en péril les salariés des centrales atomiques, mais aussi tous les humains à des centaines de kilomètres à la ronde.
La récente fermeture sans remplacement de l'unique centrale thermique classique qu'il restait en Midi-Pyrénées vise en outre à nous enfermer encore plus dans le tout nucléaire, au risque d'un effondrement du réseau électrique dès le premier pic de froid ou de chaleur.
Forts de l'expérience de l'explosion d'AZF, les AT Midi-Pyrénées estiment aujourd'hui nécessaire que chaque région se prenne rapidement en main pour amorcer dans les faits la sortie de l'électronucléaire que la majorité des Français-e-s appellent de leurs vœux.
Ils ont donc décidé de lancer un appel à l'arrêt définitif, avant 2010, des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech, et invitent toutes les forces citoyennes, politiques et syndicales à se joindre à eux pour en affiner les modalités.
Un premier réacteur peut être fermé immédiatement : une dizaine des 58 réacteurs français fonctionnent pour l'exportation, et la Région produit bien plus d'électricité qu'elle n'en consomme.
Pour permettre à d'autres régions de sortir aussi du nucléaire, il nous paraît toutefois important que le deuxième réacteur soit remplacé par une capacité de production électrique équivalente.
C'est possible en deux ou trois ans , en construisant à proximité des villes ou des industries les plus consommatrices de petites unités décentralisées (quelques dizaines ou centaines de MW), plus souples et polyvalentes, en cogénération, alimentées par des ressources énergétiques locales, et qui devront à terme être couplées à des réseaux de chaleur (turbines à gaz, puis à biogaz, centrales mixtes pouvant utiliser dans un premier temps du charbon et de la biomasse, puis se reconvertir en tout renouvelable, etc., etc.). Tant que l'on ne commencera pas à fermer des réacteurs nucléaires, tout vrai changement de politique énergétique restera impossible et les vertueux discours sur les économies d'énergie et le développement des énergies renouvelables resteront voués à n'être que du vent.
Charte du Réseau Sortir du nucléaire :
- considérant les risques d' accidents majeurs croissants dus au vieillissement des installations nucléaires,
considérant les dangers que fait courir l' accumulation des déchets radioactifs vis-à-vis des générations présentes et futures,
considérant les risques pour la santé liés à la pollution radioactive due à toute installation nucléaire,
considérant le risque de prolifération nucléaire à des fins militaires,
considérant le coût prohibitif de la filière nucléaire (construction et démantèlement des installations, gestion des déchets radioactifs),
considérant les dangers que représente le lobby nucléaire pour la démocratie ,
considérant que la France est le dernier pays en Europe à tout miser sur le nucléaire, à cette période charnière où se pose le problème du renouvellement du parc nucléaire français,
nous, citoyens, scientifiques, élus, associations, entreprises ... voulons une décision immédiate de sortie du nucléaire.
Nous voulons :
l'arrêt des projets d'enfouissement de déchets radioactifs,
l'arrêt du retraitement du combustible usé à La Hague et l'arrêt de l'utilisation du plutonium à des fins énergétiques (combustible MOX),
l'arrêt des exportations d'électricité et de toute technologie nucléaire,
le non renouvellement du parc nucléaire,
la fermeture des réacteurs en fonctionnement.
C'est possible avec :
le développement des économies d'énergie,
la mise en place d'une autre politique énergétique basée sur les énergies renouvelables (éolien, solaire, bois,...) fortement créatrices d'emplois,
le recours en phase transitoire, à des techniques de production énergétique les moins néfastes possibles pour l'environnement (centrales au gaz, cogénération,...).
par COMPAY
publié dans :
ENERGIE
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