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Jeudi 25 octobre 2007
Le temps des villes est une question qui s’inscrit désormais dans l’agenda politique. C’est en réalité une question déjà posée par le sociologue Joffre Dumazedier dans son ouvrage "Vers une civilisation des loisirs ?" paru au Seuil en 1965. Cette question concerne l’aménagement du temps social, en particulier dans les villes : comment concilier vie professionnelle, vie familiale, vie associative, loisirs… ? Faire du temps une question politique, alors que la politique ne s’intéresse qu’à l’espace, et à l’aménagement du territoire, est une préoccupation nouvelle qui se justifie, alors que l’urbanisation est galopante, par le besoin d’améliorer le fonctionnement des villes et de faciliter la vie quotidienne des citoyens.

La question du temps. Dans une société, où près de 1/3 des Français travaillent en horaires décalés, où 10 % sont chômeurs, et où le temps de travail tend à baisser, il est important de réconcilier le temps subi et le temps choisi. Il s’agit d’harmoniser le temps dans tous les domaines de l’activité humaine, qu’il s’agisse du temps passé au travail, à l’école pour les enfants, et de la vie hors du travail et de l’école. Cela se traduit en mobilité, en accessibilité, en disponibilité des services publics (notamment pour ce qui concerne la prise - en - charge des enfants) ; cela se traduit aussi en meilleurs transports en commun (circulation de nuit). Le temps des villes est bel - et - bien une politique transversale qui met en concertation les élus, les habitants et les professionnels.

Les Français et le temps des villes. Une enquête commandée à la SOFRES en 2001 par le Ministère de la ville, met en évidence que le rapport au temps partage les Français en deux groupes identiques : 51 % estiment qu’ils manquent du temps tandis que 49 % se satisfont de la situation. Le portrait robot serait celui d’une jeune mère de famille active. L’usage de la ville se mesure par l’intensité de l’appropriation qui en est faite, autant le jour que la nuit. Les plus forts usagers sont les jeunes de moins de 25 ans (notamment dans les villes universitaires). La demande de ville se dessine très clairement autour des services publics, des transports en commun, des commerces, des crèches… La réponse n’est pas univoque. Elle résulte à la fois d’un aménagement du temps de travail et d’une adaptation des horaires d’ouverture des services publics.

Premières propositions inspirées du rapport d’Edmond Hervé. Tenant compte du fait que dans les villes, les temps se heurtent, entrent en concurrence et finissent par ne plus concorder : • Se doter d’un "bureau du temps", afin d’harmoniser les horaires des services publics avec les besoins qui découlent de la vie familiale et professionnelle. • Au sein de ce bureau du temps, observer ce qui se passes ailleurs, en particulier chez les précurseurs en Italie, mais aussi dans les pays scandinaves, en Hollande, en Allemagne… • Puis, si nécessaire, délibérer et se doter de moyens permettant de réaliser quelques objectifs prioritaires à la qualité de la vie, du fait du vieillissement, des mutations du travail et de l’égalité entre hommes, femmes et enfants…

A Grenoble... A la suite de la publication du rapport d’Edmond Hervé, une démarche volontaire de la municipalité a permis de retenir trois axes de travail : les temps des services, les temps des déplacements, les temps de l’enfant. Dans un contexte sociologique très marqué par 80 % de femmes actives, 22 % de familles monoparentales et l’allongement de la durée de la vie, la mise en œuvre a commencé par une phase de diagnostic (enquêtes, rencontres…), et par une phase d’expérimentation notamment dans les transports en commun et dans les bibliothèques. Il semble inévitable de prendre en compte cette question et de l’inscrire dans l’agenda politique des prochaines élections municipales afin d’en faire une délégation transversale de plein exercice.

Cécil Guitart. Adjoint au Maire de Grenoble Mouvement GO-Citoyenneté


par COMPAY publié dans : BUREAU DU TEMPS
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Jeudi 25 octobre 2007

Les temps de la ville

Au-delà d'un aspect fonctionnel (l'organisation des services publics), les politiques des temps visent à un "bien-être temporel", offrant disponibilité et prévisibilité à tous.

Jean-Yves Boulin
Mars 2003

Traditionnellement en France, dans le champ de la réflexion et de l’action publique, on a dissocié l’approche du temps vécu de celle de l’espace. Depuis quelques années cependant, les pouvoirs publics, à l’échelon du gouvernement comme à celui des collectivités locales, portent une attention nouvelle aux questions temporelles et à

leur inscription territoriale. Le programme de prospective de la Datar « Territoires 2020 » a stimulé les premiers travaux et expérimentations français. Des moyens financiers importants pour organiser un séminaire sur trois ans 1 ont donné un véritable coup de fouet, permettant d’intégrer à la dynamique des temps de la ville de nouveaux territoires 2. Peu à peu, cette orientation s’est imposée dans le calendrier et l’action politique, notamment à travers des initiatives conjointes du ministère délégué à la Ville et du secrétariat d’Etat aux Droits des femmes,

Les transformations des usages du temps et de l’espace

Ces différentes initiatives résultent, en France, de la prise de conscience des dynamiques et dysfonctionnements sociaux et culturels pour la plupart antérieurs aux lois Aubry, mais révélés et catalysés par la mise en œuvre des 35 heures : difficulté croissante à combiner les différentes activités quotidiennes, (travail rémunéré d’un côté et celles situées dans la sphère familiale et sociale, hors travail rémunéré de l’autre) ; multiplication et diversification des usages du temps et des mobilités ; sensibilité croissante au regard des questions temporelles appréhendées tant en termes quantitatif (réduction du temps de travail) que qualitatif (maîtrise par chacun de ses propres structures temporelles).

Au-delà des politiques sociales, notamment celles relatives à la protection sociale, deux voies complémentaires semblent devoir être mobilisées afin de répondre à ces défis. La flexibilité équilibrée au sein des espaces de travail, entre les contraintes économiques de l’entreprise d’un côté et les contraintes et aspirations des salariés de l’autre, ouvre une première voie. Il s’agit de savoir si les partenaires sociaux peuvent intégrer les contraintes qui s’exercent sur le hors travail des salariés dans la négociation des horaires et durées du temps de travail.

Les politiques des temps de la ville constituent la seconde voie. Comment les acteurs locaux peuvent-ils éviter le creusement des inégalités sociales, de genre et de génération, dans les usages du temps et de l’espace ? Les politiques des temps de la ville développées en Italie depuis le début des années 90, plus récemment en Allemagne et en France, ou encore les politiques d’aménagement des temps quotidiens menées aux Pays-Bas, s’inscrivent dans cette logique. Elles sont une façon de repenser les fonctionnements collectifs tant dans leur dimension temporelle que spatiale. Elles élargissent le champ d’analyse et d’action au-delà de l’entreprise et du seul temps de travail et véhiculent avec la problématique des temps vécus, celle des lieux où se vivent les temporalités qui ne sont pas celles du travail. Elles ont pour objectifs tant l’amélioration de la qualité de vie que l’égalité entre les genres, les âges, les catégories sociales, la reconstruction du lien social ou encore la requalification urbaine.

Des modalités de synchronisation devenues inopérantes

Les politiques qui s’intéressent à l’ensemble des temps sociaux sont perçues en Europe comme un processus démocratique transversal. Elles répondent aux difficultés nouvelles d’organisation de la vie quotidienne résultant de l’individualisation des modes de vie, de l’évolution des rapports entre hommes et femmes, des transformations du temps de travail et de l’importance croissante des temps hors travail 3.

Elles sont une réponse à la déstabilisation des principes structurants de l’organisation sociale du temps héritée de la révolution industrielle :

– la discipline du temps qui renvoie à un système de représentation dans lequel le travail est considéré comme l’élément unique de construction des identités individuelles et collectives. Le loisir, mais plus largement le hors travail, est, dans ce dispositif disciplinaire, d’une part, considéré comme un résidu, d’autre part, organisé sur un mode similaire. La valeur travail et, par voie de conséquence, le temps de travail, occupent dans ce dispositif un rôle central et structurant. Cette discipline du temps qui s’est progressivement imposée au cours du siècle passé s’est accompagnée d’une division des tâches et des espaces et a conduit à un double mode de synchronisation des activités et des temps qui constituent les deux autres principes logiques de cette organisation sociale.

– la synchronisation par la succession des activités dans laquelle les activités hors travail (temps dédié à la famille, à l’éducation des enfants, aux activités sociales et aux loisirs, temps pour soi) sont situées aux marges du temps de travail (le soir, la fin de semaine, les congés). Dans la mesure où l’essentiel des services fonctionne selon des horaires standards et où, de surcroît, les transports se sont calés sur les rythmes dominants du travail, ce mode de synchronisation a conduit, d’une part, à des engorgements aux horaires de pointe, d’autre part, à une course effrénée après le temps.

– la synchronisation par la division du travail entre les hommes et les femmes à travers la dissociation formelle entre les espaces assignés aux activités productives et ceux dévolus aux activités reproductives. Ce processus a débouché sur le modèle de l’homme unique apporteur de ressources et de la femme au foyer. Il s’est ainsi imposé comme un moyen de résoudre le problème de l’accès aux activités de services. Ce modèle était également adéquat à la prise en charge des enfants en dehors des horaires scolaires ainsi qu’à celle des personnes dépendantes, mais il plaçait les femmes et les hommes dans une forte asymétrie au regard de la citoyenneté.

Ces trois principes structurants sont aujourd’hui remis en cause respectivement par l’importance croissante accordée aux temps hors travail, la flexibilisation du marché du travail et la volonté d’émancipation des femmes qui sont entrées massivement sur le marché du travail au tournant des années 60-70.

Vers de nouvelles formes d’articulation temps/espace

Nées en Italie, au milieu des années 80 dans leurs principes théoriques et à partir des années 90 dans leurs développements concrets, les politiques des temps de la ville répondent à l’enjeu de maîtrise du temps, principalement à travers le concept d’accessibilité. L’accessibilité peut se décliner au plan temporel (horaires d’ouverture et articulation entre les différents systèmes d’horaires), spatial (localisation des services), conceptuel (guichets uniques, bouquets de services, offres nouvelles), économique (coût des services) et morphologique (une articulation temps/espace qui favorise une plus grande égalité des usages du temps pour l’ensemble des catégories sociales, qui soit porteuse de cohésion sociale et non plus d’exclusion).

Derrière cette notion d’accessibilité se profile en filigrane la distinction entre temps disponible et disponibilité du temps : en effet, à quoi cela sert-il d’avoir du temps libre si, pour des raisons économiques ou d’inadéquation spatiale et temporelle, on ne peut l’utiliser ou on le perd en des temps d’attente et de transports croissants ? La politique des temps de la ville est liée à la nécessité de repenser les fonctionnements collectifs (notamment ceux des services) dans un contexte de flexibilisation des temps travaillés et de mutation des modes de vie. Comment construire de nouvelles régulations des régimes temporels, afin de resynchroniser sur un mode différent les activités économiques, sociales et culturelles ? Comment articuler les horaires des entreprises, des services administratifs, des transports et communications, des services de santé et éducatifs, des services de loisirs, etc. ?

Poser ainsi le problème du temps, c’est se placer dans une perspective systémique. Une politique du temps de travail dans l’entreprise doit intégrer l’interaction entre les décisions prises dans l’espace du travail et leurs effets sur l’ensemble de la société. Ces orientations ne sauraient être décidées uniquement à l’échelon des entreprises : elles nécessitent une recomposition à un échelon plus large, le territoire (la ville, la région, la nation, voire l’Europe), afin de concilier des intérêts souvent divergents.

En associant une réflexion à la fois sur le temps de travail, sur l’inégale répartition des tâches entre les genres, sur l’harmonisation des systèmes d’horaires entre eux et sur un meilleur fonctionnement des services publics, les Italiens ont d’emblée inscrit les politiques temporelles dans une perspective transversale, territoriale mais aussi culturelle. Transversale, dans la mesure où la régulation temporelle ne demeure pas circonscrite à un

seul objet mais fait entrer en harmonie les différents champs du social 4. Territoriale en posant la question de la construction d’une articulation entre temps et territoires. L’alternative ici est entre adaptation et anticipation

ou maîtrise du développement : un territoire est-il condamné à s’adapter, par exemple en flexibilisant ses horaires d’ouverture pour suivre la « demande », à s’orienter vers la société 24 h/24 h ? Ou bien, sur la base de ses caractéristiques économiques, sociales et culturelles, se mettra-t-il en position de construire son propre projet temporel (intégrant, notamment, la question des lieux et des activités qui seraient amenés à fonctionner 24 h/24 h) ? Enfin, ces politiques répondent, par leur contenu, leur processus de mise en œuvre et les acteurs qui y sont associés, à un triple défi culturel : aider à une nouvelle représentation de l’articulation entre le temps de travail et les autres temps sociaux ; aider à la constitution de relations différentes entre les hommes et les femmes, entre les âges et les catégories sociales ; favoriser une insertion et une responsabilisation de l’entreprise au regard de ses lieux d’implantation.

Des enjeux d’égalité, de cohésion sociale,

de maîtrise du développement

Les politiques des temps urbains répondent ainsi à des enjeux d’égalité, de cohésion sociale et de qualité de vie. Le modèle italien des temps de la ville est, entre autres, l’expression d’une aspiration à élaborer de nouveaux équilibres entre les temps sociaux fondés sur une distribution plus égalitaire des différentes activités constitutives de la vie quotidienne. Partout où ce type de politique s’est développé, la question de la combinaison des multiples tâches de la vie quotidienne constitue un de ses enjeux centraux.

L’analyse des premières expérimentations qui se déploient depuis quelques années en France (à Saint-Denis, Poitiers, Belfort, ou en Gironde, puis à Paris, Rennes, Lille, Nancy, Créteil...) révèle que les enjeux sous-jacents à la mise en œuvre de ces politiques sont multiples. Ils résultent des transformations du temps de travail : flexibilité des horaires, évolutions organisationnelles des entreprises, catalysées par la mise en œuvre des 35 heures, évolutions des statuts d’emploi (Saint-Denis, Poitiers), ou mise en œuvre de la RTT dans les collectivités territoriales (Gironde, Belfort). Il s’agit de concilier des objectifs tant individuels (entre le temps professionnel et le temps hors travail, à Saint-Denis, mais aussi à Paris où l’accent est mis sur les horaires d’ouverture des structures d’accueil des enfants), que collectifs (la coordination des différents systèmes d’horaires à l’échelon d’un territoire, particulièrement à Poitiers), ou en termes de nécessité de reconstituer les liens sociaux et de s’opposer aux dynamiques d’exclusion sociale (Saint-Denis, Rennes). Pour cela, il faut réduire les inégalités d’accès aux différents services (marchands et non marchands) de la ville en articulant des politiques d’horaires des services avec des dynamiques spatiales (localisation et regroupement des services), sociales (développement des services de proximité, accessibilité favorisée aux personnes en situation fragile) ou culturelles (développement des infrastructures culturelles).

D’autres objectifs sont assignés à la mise en œuvre des politiques temporelles : une amélioration de la situation de l’emploi (création de nouveaux services, et lutte contre la précarisation du travail), une plus grande égalité entre les genres (Rennes), ou encore une modernisation des services publics et municipaux (Gironde, Belfort). La mobilité constitue un autre objectif largement partagé : Saint-Denis se concentre sur les temps de déplacements, le développement de l’intermodalité, mais aussi la sécurité au cours de ces déplacements. Poitiers substitue une gestion par un « système à fréquence » à la gestion par un « système à horaire ». A Belfort, le Bureau du temps s’intéresse à l’attractivité du territoire, en intégrant aux politiques temporelles les possibilités nouvelles offertes par les NTIC (informatique embarquée, transport à la demande via des équipements mobiles, rue numérique, etc.). En Gironde, les promoteurs du projet privilégient l’accessibilité des services pour les personnes âgées et l’articulation entre le rural et l’urbain.

La mobilité est ainsi envisagée comme un élément central de l’amélioration de la qualité de vie et est appréhendée comme un droit et non plus seulement comme une condition de l’accessibilité. Elle constitue un puissant stimulant des politiques des temps de la ville (le Pacte de mobilité de la ville de Modène constitue la première expérience significative de ces politiques en Italie), notamment à Paris. La Ratp est d’ailleurs un des acteurs qui a contribué à faire connaître ces politiques et est elle-même engagée dans plusieurs projets de recherche et expérimentations, notamment une analyse chronotopique du quartier des Halles 5.

Un nouveau type de gouvernance

La prise en compte des différentes dimensions du temps sur un territoire suscite une remise en question des modes de gestion et d’utilisation du temps de la part des différents acteurs, publics comme privés, qu’ils soient prestataires de services, employeurs, usagers, clients, salariés ou citoyens. L’échelle du pays ou de l’agglomération semble la plus adéquate, elle est lisible pour l’ensemble des usagers. Elle permet de penser les dynamiques consacrées par les différents textes de lois relatifs au temps de travail (lois Aubry) ou à l’aménagement du territoire (lois Voynet, Chevènement et Gayssot) dont les effets de recomposition des temps et de reconfiguration de l’espace sont potentiellement importants.

Les analyses comparées menées en Europe 6 révèlent que le temps est aujourd’hui au centre des réflexions, des discours, des processus de planification et des réponses aux questions urbaines. Une nouvelle forme de stratégie accompagne les politiques des temps urbains, qui reposent sur de nouvelles formes de participation, comme les forums de citoyens, ou des enquêtes publiques, et sur une coopération entre les divers services de l’administration locale. Les Italiens, imités par les Allemands, puis par les Français, ont inventé les « bureaux du temps 7 ». Il s’agit d’une structure, municipale ou fortement articulée à l’action de la collectivité territoriale, qui assure cette transversalité tout en étant à l’écoute des habitants, des utilisateurs du territoire, en même temps qu’elle les associe à la formulation des problèmes et des solutions. Dans le cadre de ce dialogue sociétal et

avec l’aide des bureaux du temps, doivent se construire les compromis destinés à résoudre les conflits temporels inhérents à nos sociétés individualisées et diversifiées.

L’émergence d’une dynamique européenne

Si les tendances d’évolution et les problématiques sous-jacentes aux politiques temporelles sont communes à la plupart des pays européens, ces politiques ne se sont développées, à ce jour, de façon claire, c’est-à-dire comme un processus transversal et articulé, que dans quatre pays : Allemagne, Italie, France et Pays-Bas. Elles y connaissent d’ailleurs des développements différents et ne font sens qu’en fonction des contextes socioculturel, économique et politique de chaque société. En Italie, en Allemagne et en France, on observe un ancrage territorial de ces politiques, qui tendent alors à se diffuser par connaissance mutuelle, à travers la mise en réseau des villes et territoires et la mutualisation des outils et méthodes d’analyse et de représentation (cartes chronotopiques ou chronographiques). On peut, à cet égard, parler de politiques temporelles locales. Aux Pays-Bas, rares sont les politiques transversales prises en charge par les collectivités locales (seule la ville d’Amersfort s’inscrit dans cette logique et s’apprête à créer un bureau du temps) : l’essentiel des projets est porté par des acteurs ou des institutions, publics ou privés, à travers le développement de micro-projets.

Le rôle de l’Etat comme initiateur a été inexistant en Allemagne, mais cela doit être référé à l’organisation administrative de ce pays. Faible au départ en Italie, mais très présent pour recomposer à une échelle plus large les expériences menées dans différentes villes et régions (loi Turco de mars 2000), il a été important aux Pays-Bas et en France. Aux Pays-Bas, après le lancement d’expériences pilotes sous la houlette du ministère des Affaires sociales, le programme Dagindeling (aménagement des temps quotidiens), doté de 30 millions d’euros, a permis de financer 142 projets innovants visant à résoudre les dysfonctionnements spatio-temporels dont souffrent les Néerlandais dans leur vie quotidienne. En France, les pionniers (Poitiers, Saint-Denis, Belfort, la Gironde) n’ont pu sortir de la confidentialité et trouver les ressorts d’actions concrètes qu’en s’inscrivant, comme acteurs de l’action et de la réflexion, dans la démarche de la Datar.

 

Les politiques des temps de la ville nous paraissent devoir être intégrées à la perspective d’une évolution du modèle social européen dont la dimension temporelle a jusqu’ici été largement ignorée. Au-delà de leur aspect fonctionnel (meilleure organisation des services publics, conditions de leur accessibilité, etc.), elles comportent, en effet, une dimension culturelle indéniable : elles visent un « bien-être temporel ou time welfare 8 ». Il s’agit de prendre la mesure des changements objectifs relatifs aux temps quotidiens (accélération, fragmentation, inégalités), mais également aux représentations et valeurs attachées aux différents temps sociaux. Si l’on retient la définition de la « prospérité temporelle », avancée par Garhammer, on y retrouve les notions de maîtrise et d’accessibilité. Elle suppose la disponibilité d’un temps de loisir approprié, une souveraineté temporelle individuelle et l’inclusion dans un ensemble d’institutions temporelles collectives (les services et leur accessibilité), qui confèrent un sentiment de sécurité et de prédictibilité de la vie quotidienne et du déroulement des temps de la vie.

Jean-Yves Boulin

Pour citer cette page

Jean-Yves Boulin, « Les temps de la ville », Ceras - revue Projet n°273, Mars 2003. URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=1702.
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Jeudi 25 octobre 2007

Ville de Milan : Plan des temps

La ville de Milan a été en 1990 une des premières villes d’Italie à s’engager dans une politique des temps de la ville. Cette politique s’est traduite par un plan d’action global qui a été mis en oeuvre malgré les différents changements de majorité de son conseil municipal.

Le contexte

La ville de Milan compte1, 4 millions de résidents, 7 347 habitants au Km2, une agglomération de 5 millions d’ habitants . Ceux- ci travaillent à 26 % dans l’industrie, 25 % dans le commerce, 15 % dans des institutions sociales.

Les motivations qui ont conduit à la réalisation de ce plan sont des motivations d’ordre général et des motivations locales. Les motivations d’ordre général concernent l’évolution de la durée et la flexibilité du travail, l’apparition de la question du temps dans de nombreux problèmes économiques et sociaux comme celle de l’utilisation des espaces physiques, les mouvements de femmes qui revendiquent une ville plus adaptée aux rythmes des femmes et plus généralement le besoin de moderniser la cité et les relations avec les citoyens. Parmi ces motivations, il y a bien sûr l’article 36 de la loi de réorganisation des compétences des communes qui donne le pouvoir aux maires de coordonner les temps d’ouverture et de fermeture des services dans le but de les harmoniser aux besoins généraux des citoyens. On retrouve les motivations particulières dans le plan de management du temps de la cité.

A noter les ambiguïtés de l’appellation et de la traduction de l’intitulé du plan des temps de la ville de Milan. Ce plan s’appelle "Piano Regolatore degli Orari della Città di Milano". La traduction de Orario en horaire semble trop restrictive. Le terme horaire recouvre aussi bien le temps de travail que celui des services, aussi bien les horaires que la durée . Il recouvre plus généralement la façon dont l’ensemble des activités est organisé et ordonnancé dans le temps ainsi que l’acceptation sociale de cette organisation. Au- delà de la traduction, il est aussi possible que le champs de cette politique, qui met souvent d’abord en évidence les questions d’ horaires d’ouverture des services publics se soit ouvert à l’ensemble de la question des temps recherchant par là une cohérence entre les différents temps des individus, des activités...

Le but d’un plan comme celui de Milan est de développer une vision partagée de cette politique des temps qui ait un effet d’attraction et de dynamisation permettant aux différents acteurs de converger. Pour ses concepteurs, à partir du moment où un problème est identifié, reconnu, partagé, il est plus facile de construire des solutions. Il s’agit, pour eux, à travers la construction de ce plan, d’impliquer les porteurs d’enjeux, de leur signifier les bénéfices à attendre de cette politique pour une meilleure "gouvernance de la ville" et pour les intérêts propres de leurs catégories. Un document est un instrument formel de référence, de stabilité et de continuité du projet. Il est préparé avec les services et les acteurs, voté par le conseil municipal. Il conduit à des débats, il n’est pas rigide. Il peut donner lieu à interprétation, à modification.

Le plan de management des temps

Le plan de la ville de Milan entre dans le cadre d’un objectif global et mobilisateur dont les slogans sont :
-  Milan, une ville pour vivre et travailler,
-  Milan, une ville active en permanence,
-  Milan, une ville hospitalière,
-  Milan, une ville cosmopolite,
-  Milan, une ville amicale.

Le plan de la ville de Milan comporte 5 politiques qui sont chacune déclinée en programmes d’actions :
-  la politique de réduction des files d’attente qui vise sur des lieux précis à réduire des pertes de temps jugées inacceptables,
-  la politique d’équilibre entre temps de vie et temps de travail qui concerne plus particulièrement les enfants et les personnes âgées,
-  la politique mobilité et fluidité qui concerne les déplacements dans la ville ainsi que tous les modes de transport avec leurs impacts : embouteillages, pollution... De gros générateurs de transports comme l’université participent à cette politique.
-  la politique ville active en permanence qui concerne les ouvertures des commerces et lieux de la ville. Certaines parties de la ville se vident sur des cycles différents ( jours, semaines, saisons..) conduisant à des désorganisations sociales.
-  la politique de réorganisation de l’administration de la ville de Milan qui concerne l’accessibilité des services de la ville dans des lieux et sur des plages horaires plus larges.

Pour construire le plan des temps, un dispositif a été mis en place. Il comporte :
-  une instance de décision politique, responsable de la politique des temps,
-  un groupe de pilotage qui conduit l’ensemble du processus et soumet les résultats à l’instance de décision,
-  un groupe de travail chargé de l’élaboration des diagnostics et des actions avec les différents partenaires internes et externes à la municipalité,
-  un groupe R & D appuyé sur l’université de Milan qui alimente le groupe de travail et le groupe de pilotage en réflexions et résultats d’observations et de recherches,
-  un groupe de travail qui aide l’instance de décision et lui prépare techniquement les éléments en s’appuyant sur les données du groupe de travail chargé des actions,
-  le bureau du temps, qui anime et suit l’ensemble du processus. Il est composé d’un urbaniste et d’un sociologue. Il est le facilitateur, la cheville ouvrière, l’assistance technique des différents services et instances impliqués.

La condition de réussite principale a été de travailler à la mise en convergence des politiques et des acteurs afin de construire de la cohérence. Il a fallu pour cela travailler sur le jeu des acteurs : identifier les acteurs favorables, défavorables, les enjeux de chacun... bien localiser les enjeux stratégiques et se focaliser sur des chantiers concrets et précis. Il ne faut pas, dans ce type d’exercice, en rester à une vision politique ou idéologique. Il s’agit de faire, de développer les réseaux pour propager, diffuser, échanger, d’avoir une stratégie progressive d’enracinement. Le changement, l’atteinte des objectifs vient du changement progressif de regard des acteurs. Les autres conditions de réussites sont plus du ressort de la conduite de projet : bien définir les objectifs, les ressources, les plannings, les indicateurs, les responsabilités. L’évaluation doit bien sûr se faire par rapport aux attentes des acteurs et aux objectifs fixés.

Une politique qui s’enracine

Au début, le maire de Milan a été hésitant : "un plan des horaires, je ne sais pas ce que c’est." puis son opinion a évolué : "ca peut être intéressant mais ça ne doit pas coûter trop cher ! ". Enfin, le maire a non seulement signé ce plan mais lui a fait de la publicité.

Si la décision de faire ce plan vient du maire de Milan, il répond aux besoins d’acteurs sociaux de la ville et a été fait en concertation avec les différentes parties prenantes. L’implication des acteurs s’est faite progressivement en fonction des problèmes soulevés et de l’ acceptation du processus. Des protocoles ont été signés comme par exemple entre la CCI, les syndicats, la municipalité, la préfecture sur l’ouverture des commerces. S’il y a eu concertation autour du plan, il n’y a pas toujours eu "co-construction" de ses programmes. Certaines décisions comme celles concernant les horaires d’ouverture des services ont été imposées au personnel.

Le plan de la ville de Milan a été établi avec une municipalité de gauche. Mais de 1990 à 1993, les partis politiques traditionnels : démocratie chrétienne, PC, PS.. ayant explosé du fait de l’opération "mains propres", la Ligue lombarde, très marquée à droite, a été élue. Cette nouvelle majorité a récupéré le projet tel quel et l’a mis en oeuvre. Un nouveau changement de majorité vers la gauche n’a pas non plus remis en question la nécessité d’un plan qu’il faudra maintenant évaluer et relancer.

Quelles relations entre politique temporelle et démarche qualité ?

Le temps une des dimensions de la satisfaction des usagers

La qualité d’un produit ou d’un service se définit comme son aptitude à satisfaire les besoins implicites ou explicites de ses bénéficiaires : usagers ou clients.

Le temps est une des dimensions de la qualité d’un service. En France par exemple, les usagers attendent principalement des services publics un accès plus rapide (plus de proximité, des horaires d’ouverture accessibles, des délais de réponse plus courts) mais aussi plus de personnalisation de la relation, ce qui signifie de la reconnaissance mais aussi qu’un temps éventuellement plus long et plus dense leur soit accordé.

Ainsi, plus on répondra aux besoins d’adéquation entre temps de travail, temps de déplacement, temps personnel, temps de la famille, temps de loisirs, temps physiologique... par une meilleure définition des services, une meilleure organisation du travail, une meilleure organisation de la ville et plus les usagers/clients seront satisfaits et donc plus la qualité de la ville comme de la vie seront bonnes.

Les politiques temporelles dans la mesure où elles visent à réduire les insatisfactions des usagers-citoyens sont des actions d’une politique qualité et ont sans doute à gagner à l’utilisation des méthodologies de la qualité mises au point aussi bien pour le secteur de l’industrie que pour celui des services.

Les démarches qualité visent à diminuer les insatisfactions des usagers-clients, les défauts, les non-qualité en aidant chacun à "faire bien" c’est à dire à faire ce qu’il doit faire pour atteindre un "bon résultat". Bien faire nécessite de définir la qualité à atteindre pour satisfaire l’usager-client, de mesurer la qualité atteinte et de rechercher les actions nécessaires pour réduire l’écart. Pour faciliter ce travail de nombreux outils de description, de mesure, d’analyse, de créativité, d’animation, d’implication ont été rassemblées ou élaborés.

La prise en compte de la dimension temps nécessite une co-construction qui dépasse les relations clients-fournisseur

Notre intention n’est pas de réduire les politiques de la ville et plus particulièrement les politiques temporelles à l’utilisation d’outils issus des techniques industrielles. Si l’enjeu des politiques temporelles à court terme est d’améliorer la qualité de service en réduisant les temps d’attente aussi bien aux guichets que dans les embouteillages parce que ces dysfonctionnements insupportent de plus en plus les citoyens, l’enjeu à moyen terme est plus vaste. En effet, il remet en question la cohérence ou l’incohérence des relations entre différents prestataires de services que sont par exemple les commerces, les transporteurs, les employeurs. Cette recherche de cohérence implique la définition et la mise en œuvre d’une qualité concertée issue d’une coopération entre différentes institutions publiques et privées.

Au-delà de ces enjeux à court et moyen terme apparaissent d’autres enjeux plus vastes encore et plus politiques. Ne s’agit-il pas aujourd’hui d’inventer une organisation sociale dont les qualités doivent satisfaire les hommes et les femmes d’une société qui devient post-industrielle ? En effet après avoir vécu pendant des millénaires au rythme d’un mode de production agricole calqué sur celui de la nature, nous avons plus ou moins bien adopter le rythme d’un mode de production industriel qui à son tour devient de moins en moins dominant. Comment définir les qualités de cette organisation sachant que nos références sont celles du passé ? comment les mettre en oeuvre ? comment les ajustées pour se rapprocher constamment de la satisfaction des bénéficiaires ?

A notre avis, la participation et le débat entre les bénéficiaires, la recherche de l’intérêt général, l’anticipation dans une optique de développement durable, l’amélioration continue, la clarification des valeurs... pourraient faire partie des éléments d’un processus à construire.

En conclusion

Si les démarches temporelles peuvent concourir à l’amélioration de la qualité de la vie des usagers de la ville, les démarches qualité peuvent aider à les faire progresser à condition de se mettre au service des problématiques qu’elles soulèvent et pour cela de mettre l’accent sur les processus d’élaboration.

Article rédigé par B. de Quatrebarbes à la suite d’un séminaire organisé par EUREXCTER avec l’école polytechnique de Milan

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Jeudi 25 octobre 2007

Observatoire sur le temps

Définition

Les rythmes de vie changent (35 h, horaires décalés ...) et interpellent l’offre de service public : horaires des transports, garde d’enfants, ouverture des services publics comme des magasins... comme l’offre privé : téléphones et ordinateurs portables, livreurs de pizza, supermarchés dans les gares...

Enjeux

-  accompagner l’évolution de l’articulation entre les différents rytmes de vie et de travail
-  redynamiser des lieux ou des quartiers en difficulté
-  revoir les fonctionnalités d’équipements publics
-  inventer de nouveaux services et de nouveaux objets répondant aux nouveaux besoins et porteurs de valeur et d’emplois...
-  adapter le temps des services à celui des usagers
-  idée d’un guichet unique pour faciliter les démarches et gagner du temps

Spécificités

La réflexion globale et systémique sur les temps a commencé en Italie fin des années 80. Plus de 90 villes italiennes ont maintenant un bureau des temps ef font un plan des temps pour la ville. La concertation prend une dimension nouvelle car tout le monde doit faire évoluer ses comportements. Hambourg, Bréme... St Denis, Poitiers emboitent le pas.

Exemples

-  Ville de Brême : Bureau du Temps
-  Ville de Milan : Plan des temps
-  La démarche de la ville de St Denis, de celle de Poitiers
-  Ville de Rennes

Méthodologie

-  identifier des décalages, des difficultés pour les gens lié au nouveaux rythmes de vie
-  rencontrer et réunir les acteurs concernés par un probléme spécifique
-  mettre en commun les difficultés et intérets des uns et des autres
-  rechercher des ensembles de solutions communes

Facteurs de succés

-  pragmatisme
-  approche systémique
-  concertation avec tous les acteurs concernés

Propositions

-  diffuser la problématique, les exemples et les résultats

Articles - guides

-  temps et démocratie locale
-  les horaires des citadins M. Bartelone, ministre de la ville

Livres

-  Nouvelles temporalités - nouveaux services - Alain Obadia
-  Transit - Temps et mobilité - B. Marzloff

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Jeudi 25 octobre 2007

25  Octobre 2007
«Grenelle de l'Environnement»: la question des déchets reportée de trois mois

Les participants au «Grenelle de l'Environnement» ont tiré mercredi soir un bilan plutôt positif de leur première journée-marathon, malgré des incertitudes sur deux sujets-phares: l'instauration d'une «taxe carbone» et la gestion des déchets.
«Sur les domaines importants aujourd'hui, transport et équipement, franchement c'est inespéré, il faut avoir l'objectivité de le dire, sinon ça ne récompense pas l'intelligence et le pragmatisme de tous ceux qui étaient réunis», a déclaré en début de soirée un Nicolas Hulot «agréablement surpris» par le chemin parcouru.
«Cette discussion était psychologiquement impensable il y a quelque temps, je pense que chacun aurait claqué la porte au bout de quelque temps», a fait remarquer l'animateur de télévision, qui a souligné l'attitude «très offensive» du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.
Nicolas Hulot s'est dit optimiste quant aux chances d'obtenir des autorités l'instauration d'une «contribution», autrement appelée «taxe carbone», sur les produits les plus gourmands en carbone ou en énergie.
Nicolas Sarkozy tranchera lors du discours qu'il prononcera jeudi après-midi à l'Elysée, en présence de l'ancien vice-président américain Al Gore, prix Nobel de la paix 2007.
Au ministère de l'Ecologie, les choses avaient bien commencé mercredi matin avec une longue séance de travail - transports, bâtiment et énergie - riche en consensus.
La plupart des idées débattues ayant été approuvées par les 80 participants, elles devraient voir le jour, conformément au principe édicté par François Fillon en début de journée.
«Toutes les propositions concrètes, précises et consensuelles, le gouvernement s'engage(ra) à les mettre en oeuvre», a dit le Premier ministre.
Cette première réunion a ainsi confirmé la création d'une «éco-pastille» avec un système de bonus/malus pour les automobiles, d'une «écotaxe» pour les poids lourds ou encore le développement du ferroutage.
Dans le bâtiment, un consensus a été trouvé sur le renforcement de l'efficacité énergétique des constructions.
L'idée est de passer en quelques années à 50 kWh/m2/an contre 260 kWh/m2/an actuellement (neuf et ancien confondus). L'Etat devra montrer l'exemple en rénovant les bâtiments publics dans les trois à cinq ans, a dit Jean-Louis Borloo.
Des prêts seront accordés aux familles modestes, souvent pénalisées par leurs factures de gaz et d'électricité, qui souhaitent isoler leur logement.
En milieu d'après-midi, une première «vraie divergence», selon les termes de la Fondation Nicolas Hulot, est apparue sur la question de la «taxe carbone», pour laquelle le Medef a réclamé des compensations, notamment en terme de charges.
Autre point de friction: le nucléaire, et notamment le développement du réacteur de nouvelle génération EPR.
«Là où nous n'avons pas obtenu satisfaction, c'est que dans le nouveau scénario énergétique, pour nous l'EPR y a encore moins de place qu'avant, mais ça c'est renvoyé à la décision du président de la République demain», a dit Yannick Jadot, de Greenpeace.
La question des déchets, qui divise également, a fait hausser le ton autour de la table lors de la deuxième séance, qui s'est poursuivie jusqu'à environ 20h30.
Il a finalement été décidé de se donner 12 semaines de plus pour réfléchir à ce sujet délicat. Un report que Greenpeace a qualifié d'«échec».
Comment vont être financées toutes ces mesures? Elus, écologistes et opposition ont reposé mercredi la question de façon insistante.
«Tout ce qui est annoncé et engagé fait l'objet d'un accord du Premier ministre, du président et de Bercy. Aucune des mesures ne fait l'objet d'un financement dédié ou propre», leur a répondu Jean-Louis Borloo.

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