PORT METHANIER. -- La société TIGF a dévoilé hier soir à Soulac-sur-Mer, les
quatre hypothèses d'acheminement du gaz depuis le terminal par gazoduc, devant
une salle hostile au projet
Quatre variantes possibles: Olivier Delhoumeau
http://www.sudouest.com/191007/reg_gironde.asp?Article=191007a3504.xml
Quelles sont les hypothèses d'acheminement du gaz depuis le terminal méthanier
du Verdon par gazoduc, si le projet de la société 4Gas va jusqu'à son terme ?
Tel était le thème de la réunion publique, hier soir, au Palais des congrès de
Soulac-sur-Mer. Prévue initialement à Lesparre-Médoc, celle-ci a été transférée
à Soulac pour bénéficier d'une salle plus grande. La Commission particulière du
débat public souhaitait ainsi éviter la déconvenue du 4 octobre à Royan, qui
avait conduit à l'annulation des discussions, faute de place. Elle s'est
finalement attirée les foudres de l'assemblée, une fois encore majoritairement
hostile au projet de 4Gas. Manque de rigueur, défaut de transparence dans le
débat public, d'aucuns voyaient aussi dans ce déménagement conclu à la hâte la
volonté de décourager sylviculteurs et viticulteurs, particulièrement concernés
par la problématique du gazoduc.
Un feu de critiques s'est ensuite dirigé vers les représentants de TIGF (Total
infrastructure gaz France), une filiale à 100 % du groupe Total, née en 2005 et
spécialisée dans le transport de gaz naturel. Mandatée pour définir les
différents tracés possibles du gazoduc, elle livrait hier ses conclusions. Les
variantes sont au nombre de quatre. Un tracé nord, dit de l'estuaire, va de
Soulac à Chazelles, en Charente, qui dispose d'une station de compression.
Concrètement, la traversée de l'estuaire se ferait via un tunnel de 5 mètres de
diamètre sur une longueur de 7 kilomètres. Rive droite, la canalisation
passerait entre Royan et Saint-Georges-de-Didonne.
L'artère de Guyenne. Les trois autres solutions comprennent un tronc commun de
Soulac à Saint-Laurent-Médoc, en passant par Lesparre. Ensuite, trois options se
dessinent. La première consiste à obliquer vers Pauillac et à traverser
l'estuaire par forage horizontal dirigé. La canalisation s'appuierait alors sur
une, voire deux îles. Et déboucherait 4 à 5 kilomètres au sud de la centrale du
Blayais, pour rejoindre la commune de Laprade, en Charente. A partir de
Pauillac, la deuxième descend le long de l'estuaire pour le traverser à hauteur
du bec d'Ambès, en direction d'Eygurande. La dernière option, plus forestière,
sillonne le Médoc du nord au sud pour rejoindre Auros. Dans tous les cas de
figure, la commune de raccordement final est sur la route de l'artère de
Guyenne. Véritable épine dorsale du réseau de transport de gaz en France, cette
artère permet depuis 1960 le transport du gaz naturel de Lacq vers la région
Centre, et au-delà vers la région parisienne. Oui mais voilà, elle serait «
saturée », selon Xavier Pintat, sénateur-maire de Soulac.
Les représentants de TIGF ont insisté sur le fait que ces quatre variantes
s'inscrivaient dans le cadre d'une étude préliminaire. Une étude restituée à la
Commission particulière seulement... une heure avant la tenue de la réunion. Et
plusieurs voix dans la salle de s'élever contre cette façon de faire, jugée
indigne d'un débat public.
En abordant la question du gazoduc, le dossier de port méthanier embrasse
forcément un territoire plus large. Dans toutes les hypothèses, la canalisation
dépasserait 100 kilomètres de long et coûterait plus de 300 millions d'euros.
Autant de conditions qui obligeraient à enclencher un second débat public.



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