Bonjour à toutes et à tous,
Ayant reçu de nombreux messages de personnes ou d’organisations qui souhaitent agir pour me venir en aide face aux difficultés professionnelles que je traverse aujourd’hui, il me faut vous faire le point sur ma situation et vous faire part de la stratégie que j’ai choisie d’adopter.
Tout d’abord, je tiens à remercier du fond du coeur toutes les personnes et organisations qui m’ont fait part de leur soutien. J’ai reçu (et je reçois encore) depuis deux semaines des centaines de messages d’encouragement tous plus chaleureux les uns que les autres, et je peux vous assurer que c’est un réconfort extraordinaire dans des périodes comme celle-là : j’avais beau être préparé et savoir que ça allait me tomber sur le coin du nez un jour, le fait est que ce n’est vraiment pas facile à vivre au quotidien.
Permettez-moi de resituer brièvement le contexte et de vous informer de l’état actuel de la situation, avant de vous faire part des décisions que j’ai prises quant aux actions à mener. Après que la direction de mon Institut m’ait reproché de prendre des positions publiques sur les OGM au nom de mes tutelles (ce qui est bien sûr totalement faux, mes propos n’ayant toujours engagé que moi comme vous le savez), mon équipe et moi avons fait l’objet de multiples pressions (confiscation de crédits qui nous privent de moyens de fonctionnement à partir de 2008, privation d’étudiants stagiaires, menace de déménagement forcé dans d’autres locaux, etc...). Et la semaine dernière, j’ai reçu un courrier officiel de ma direction m’annonçant que mon équipe ne fera plus partie de l’institut à partir de janvier 2010, date du début du prochain contrat quadriennal (la recherche publique fonctionnant sur des contrats de 4 ans). Cette décision a été prise de façon arbitraire, indépendamment de toute évaluation scientifique et sans aucune consultation du conseil scientifique et du conseil d’institut.
Une médiation est actuellement en cours. Le médiateur m’a déjà fait savoir qu’il ne pourra rien faire sur mon exclusion de l’institut à partir de 2010, mais il essaie en revanche de faire en sorte que je récupère le fric qui m’a été confisqué et d’empêcher le déménagement de mon labo ( qui est toujours d’actualité malgré le fait que je suis viré de l’institut fin 2009 !) afin que mon équipe et moi puissions au moins finir notre contrat actuel et boucler les travaux en cours.
En ce qui concerne les actions à mener, il a été initialement envisagé d’organiser une grande mobilisation sur le site de mon labo à l’occasion d’une étape de la marche des faucheurs qui aura lieu de Chartres à Paris entre le 9 et le 13 octobre. J’y ai finalement renoncé en raison de la phase de médiation qui est en cours (et qui ne sera certainement pas terminée à cette date). Une manifestation sur site dans ce contexte pourrait être perçue comme une provocation et me desservir. De plus, je préfère garder cette mobilisation comme une ’dernière cartouche’ le jour J de l’éventuel déménagement /manu militari/ ou simplement une fois que la médiation est terminée pour dénoncer mon évincement.
J’ai décidé en revanche de porter plainte pour harcèlement moral et de solliciter dès maintenant les médias étant donné que je dispose de suffisamment d’éléments concrets (il y a d’ailleurs un article qui est sorti dans /Les Inrockuptibles /de cette semaine, et beaucoup d’autres à venir, ainsi que des interventions radio et télé).
Par ailleurs, différentes organisations et associations (dont notamment /Fondation Science Citoyennes/, le /Groupe International d’Études Transdisciplinaires/, /Fondation pour le Progrès de l’Homme/,...) envisagent d’organiser prochainement une journée autour de divers scientifiques qui connaissent des problèmes professionnels par leur engagement ou leurs travaux, avec conférence de presse, dans le but également de médiatiser le problème des lanceurs d’alerte en général et d’appuyer la nécessité de la reconnaissance de leur statut.
A l’issue de la phase de médiation, je vous tiendrai à nouveau informés des actions éventuelles qui seront envisagées.
Je vous remercie encore mille fois pour tout votre soutien.
Avec toute mon amitié,
Christian Vélot,
Chercheur militant




Commentaires