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Dimanche 14 octobre 2007

Brême innove avec le "bureau du temps"

-  LORRAINE MILLOT - Libération du 13 décembre 00

Son directeur met du bon sens dans les rythmes administratifs Désormais,tous les jeudis de 8 heures à 18 heures, les habitants de Vegesack sont assurés de trouver ouvertes six grandes administrations locales.

Sur le grand tableau des services de la mairie de Brême-Végesack, quartier nord de cette grande ville du nord de l’Allemagne, une ligne inhabituelle a fait son apparition : "Bureau du temps" (Zeitbüro). Les curieux, intrigués par ce que petit bien réguler ce bureau, sont invités à monter sous les toits de la mairie,jusqu’à une mansarde repeinte en blanc frais. Le bureau du temps tient en cette petite pièce, deux ordinateurs et un employé-directeur, Thomas Hanke, 3 7 ans. Au mur, l’horloge qui sert de décor est arrêtée sur 7heures moins 25, mais cela ne veut rien dire, assure-t-il : "C’est juste parce que je n’aime pas cette pendule."

"Casse-téte infernal".

Premier bureau du temps créé en Allemagne en 1997, surle modèle des bureaux initiés en Italie par le mouvement des femmes, le Zeitbüro revendique déjà quelques changements mesurables dans la vie du quartier. Le plus concret est la "journée du citoyen", instaurée en février 1999. Tous les jeudis, de 8 heures à 18 heures les habitants de Vegesack sont assurés de trouver ouvertes six administrations- le bureau d’état civil, le bureau d’urbanisme, la Perception du fisc, l’agence pour l’emploi, la chambre des ouvriers et celle des employés. "Auparavant, chacune de ces six administrations avait des horaires différents, raconte Martina Heitkôtter, la fondatrice de ce bureau du temps. Certaines n’ouvraient que le matin, plus ou moins tôt, certaines fermaient à l’heure du déjeuner, d’autres non... C’était un casse-tête infernal."

Plainte des marchands.

La perception, installée sur la place du marché, poussait le vice jusqu’à ouvrir les lundis, mercredis et vendredis matin, alors que le marché se tenait sous ses fenêtres les mardis, jeudis et samedis. "Les marchands se plaignaient de ce décalage, se souvient son directeur, Peter Rindfleisch. Mais nous ne pouvions rien faire. Toutes les perceptions du nord de l’Allemagne ouvrent ces matins-là, depuis la nuit des temps." Grâce à l’intervention du Zeitbüro, ce directeur a réussi à convaincre son administration de tutelle et son personnel de la nécessité de changer de rythme. "Cela nous a même permis de rationaliser nos services, car nous avons spécialisé des employés dans l’accueil des contribuables", se félicite-t-il.

Modeste encore, le travail du Zéitbüro consiste pour l’essentiel à remettre un peu de bon sens dans des rythmes de vie publique souvent devenus aberrants. Rien que cela demande parfois des années de lutte. Le service des permis de conduire et immatriculations, par exemple, s’obstine à fermer à midi tous les jours et à 17 heures le jeudi, sous prétexte que les graveurs de plaques d’immatriculation ne veulent pas ouvrir plus longtemps. La bibliothèque municipale n’ouvre que de 11 heures à 18 heures le jeudi, et ne compte rejoindre la "journée du citoyen" qu’en mai, si elle obtient le personnel nécessaire. "Ces huit dernières années, le personnel des bibliothèques de Brême a été réduit de 50 % explique la directrice, Il se Rachner. Je veux bien ouvrir davantage, mais il faut m’en donner les moyens." L’expérience de Brême se déroule de fait dans une ville particulièrement endettée, qui a dû drastiquement réduire ses frais de personnel ces dernières années.

Forums consultatifs.

Souvent invisible comme il se doit, le travail du "bureau du temps" consiste aussi à faire communiquer les acteurs de la ville entre eux. Sous son impulsion, deux forums consultatifs ont ainsi été créés qui se réunissent quatre fois par an. Le forum des transports, réunissant entreprises locales de transports en commun et représentants des usagers, a permis aux salariés de l’hôpital de faire savoir qu’ils ont besoin d’autobus quelques minutes plus tôt ou plus tard, pour coïncider avec leurs horaires de service. Le "forum pour un Végesack agréable" réunit lui un plus vaste cercle d’acteurs du temps de la ville : commerçants, entrepreneurs, syndicalistes, directeurs d’école, pasteur ... Toutes personnes qui, dans la grande ville moderne, avaient perdu le contact entre elles. Jusqu’à ce que le temps les rattrape, ou du moins son bureau .

par COMPAY publié dans : BUREAU DU TEMPS
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Dimanche 14 octobre 2007

20  Juin 2001
Un "bureau des temps" chargé d'harmoniser les horaires des services publics avec les besoins qui découlent de la vie familiale et professionnelle, dans les communes de plus de 20 000 habitants, propose le rapport Hervé

Chaque commune de plus de 20 000 habitants pourrait se doter d'un bureau des temps chargé d'harmoniser les horaires des services publics avec les besoins qui découlent de la vie familiale et professionnelle, indique un rapport intitulé "Temps des villes" publié mardi.
Placé sous la responsabilité du maire, ce bureau doit s'appuyer sur la consultation la plus large des partenaires concernés, et notamment des conseils de quartiers, précise son auteur, le député socialiste d'Ille-et-Vilaine Edmond Hervé, en notant que ce bureau peut être intercommunal.
Il s'agirait d'un organe à la fois politique (conduisant la concertation entre acteurs concernés), consultatif (une sorte de forum citoyen) et technique (s'appuyant sur des services municipaux existants).
Un bureau des temps pourrait être également mis en place dans chaque préfecture pour concrétiser les attentes formulées par les usagers, une "préconisation" qu'entend reprendre le ministre délégué à la Ville Claude Bartolone, qui assistait à la présentation du rapport à la presse.
Claude Bartolone a également annoncé qu'une "conférence des Temps de la vie quotidienne se tiendrait le 20 septembre prochain, en avant-première du Festival de la ville, placé lui aussi sous le signe du temps des villes". Y participeront les villes engagées dans le processus de maîtrise des temps, comme Poitiers ou Saint-Denis.
La secrétaire d'Etat aux Droits des femmes Nicole Péry a rappelé, pour sa part, que l'organisation du temps des villes, et notamment des horaires des services publics, était "une priorité pour les femmes de 20 à 50 ans puisque 80 % d'entre elles ont désormais une activité professionnelle et que, d'une façon générale, les femmes assurent toujours 70% des tâches familiales et domestiques, soit le double du temps que leur consacrent les hommes".
Le rapport Hervé évoque notamment l'exemple des "politiques temporelles italiennes", soutenues par deux lois votées en 2000 : une loi-cadre sur le travail professionnel encourageant la concertation et une autre, plus contraignante, sur l'articulation entre travail et vie citadine.
A Naples, des séries de mesures ont été prises au niveau communal et concernent la vie la nuit (dans une zone où la belle saison s'étend d'avril à octobre), avec une augmentation de l'offre culturelle, des manifestations dans les parcs publics, l'ouverture de lieux pour les jeunes ainsi que d'espaces de loisirs accessibles 24 heures sur 24. Des initiatives du même ordre ont été prises à Rome, Milan, Bologne et Ravenne, avec notamment la mise en place de "banques du temps", des systèmes non marchands de dépôt et d'échange de temps, fonctionnant avec chéquiers, pour "troquer" des services de voisinage et de solidarité. La mairie fournit les équipements (ordinateur, fax, téléphone, local).

par COMPAY publié dans : BUREAU DU TEMPS
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Dimanche 14 octobre 2007

S'emparer du temps pour mieux vivre : 
la maison du temps et de la mobilité
Belfort

 

 

La Maison du temps et de la mobilité

S’emparer du temps pour vivre mieux

 

http://www.cg90.fr/home/VLT52/INITIATIVES/init.html

 

« J’ai l’impression de courir après le temps ! » Qui n’a pas utilisé un jour où l’autre cette expression ? Qui n’a jamais eu ce sentiment désagréable de passer son temps à courir, ballotté d’une obligation à l’autre sans jamais avoir… le temps ! de souffler ? La Maison du temps et de la mobilité a été créée le 15 juin dernier, par le Conseil général, afin d’offrir à chacun la possibilité de participer à « l’harmonisation des différents rythmes de vie et de travail ». Une initiative qui porte déjà ses premiers fruits.

 

 

 

 

Se lever, préparer le petit-déjeuner, s’occuper des enfants, les amener à l’école, se rendre au bureau, récupérer les enfants à l’école, s’occuper des devoirs, faire un brin de ménage, coucher les enfants, préparer le dîner, s’accorder un peu de temps libre, se coucher et… recommencer le lendemain. À l’heure où dans la majorité des couples l’homme et la femme travaillent, l’égalité des sexes est-elle une réalité dans la gestion des tâches de la vie quotidienne ? Une question d’actualité à laquelle beaucoup de femmes répondent non. En Europe, les italiennes ont été les premières à proclamer leurs difficultés et à revendiquer des solutions. Leur démarche a débouché sur l’instauration d’une loi qui impose la création d’un bureau du temps dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants. Des bureaux qui réfléchissent et proposent des solutions afin d’améliorer l’organisation des temps de la vie quotidienne. « Une ville a ainsi instauré un décalage dans les horaires d’ouverture des écoles mettant ainsi un terme aux embouteillages rituels aux heures de pointe », note Evelyne Pujo, chargé de mission à la Maison du temps et de la mobilité à Belfort.

 

 

Un des premiers projets mis en œuvre par la Maison du temps et de la mobilité : la création d’un service de garde d’enfants en horaires atypiques ou en urgence.

 

Améliorer la vie quotidienne

 


Depuis, l’initiative fait tâche d’huile. En France, quelques collectivités (villes de Poitiers, Saint-Denis, Lille, Paris, départements de la Gironde et du Territoire de Belfort) commencent à se préoccuper du temps, ou plus précisément des temps et de leur organisation. Selon Pierre Dommergues, conseiller scientifique à la Datar, « Hier, le temps était réglé par la sirène de l’usine. Avant-hier, il était réglé par la cloche de l’Eglise. L’enjeu d’aujourd’hui, c’est de savoir qui sera demain le maître des horloges, qui aura la responsabilité de réguler les temps. C’est un enjeu politique très fort ». Dans le département, l’idée a germé durant les « Carnets 2010 », l’opération de prospective organisée par le Conseil général au printemps 2000. « Les débats avaient fait émerger la problématique du temps et la volonté politique de s’y atteler. Nous avons donc intégré une dynamique initiée par la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) et créé la Maison du temps et de la mobilité ». Impulsée par le Conseil général, sous forme d’association loi 1901, « pour faciliter les partenariats », cette nouvelle structure ambitionne « d’améliorer la vie quotidienne des gens. Il ne s’agit pas de révolutionner les modes de vie mais tout simplement, d’accepter de regarder le quotidien, d’identifier les problèmes, de voir les partenaires concernés et de permettre aux personnes de trouver les solutions ».

 

Forums, cercles et ateliers du temps

 


Pour ce faire, la Maison du temps et de la mobilité organise des « forums », des « cercles du temps » et des « ateliers du temps ». Depuis le mois de septembre, les habitants du Territoire sont ainsi conviés à participer une fois par mois à des débats publics où sont abordés divers thèmes (le temps des enfants, des transports, des quartiers, de la nuit…). « Les forums sont l’occasion tout d’abord, de sensibiliser les gens, puis d’identifier les problèmes et enfin de dégager des pistes pour les résoudre ». Les « cercles du temps » rassemblent les partenaires de l’association (entreprises, syndicats, associations…) « et toute personne qui le souhaite, précise Evelyne Pujo. Ils ont pour principal objectif d’émettre des suggestions et de définir des projets qui seront mis en œuvre par « les ateliers du temps » ». Un mode de fonctionnement qui a déjà donné vie à quatre projets concrets.

 

 

 

 

En Italie, une commune a instauré un décalage dans les horaires d’ouverture des écoles mettant ainsi un terme aux embouteillages rituels aux heures de pointe.

 

 

Des nouveaux modes de déplacement

 


« Nous avons très vite mis en avant un problème de déplacement dans le Territoire, notamment de communes à communes. Par exemple, la maison de retraite de Rougemont ne sait pas comment faire pour permettre aux personnes âgées de rejoindre Belfort facilement. Le dispositif de transport en commun actuel ne donne pas satisfaction ». La Maison du temps réfléchit en collaboration avec la communauté de communes du pays sous-vosgien, à un projet de transport à la demande qui, s’il donne satisfaction, pourra être étendu à l’ensemble du département. En parallèle, des contacts sont pris avec Alstom, Peugeot et l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour un projet de « plan de déplacement des entreprises ». « Aujourd’hui, les villes sont conçues pour les voitures. Les espaces sont occupés par des voitures ventouses. Ce ne serait pas mieux si les parkings étaient remplacés par des espaces verts ? Nous essayons de mettre en place avec nos partenaires un système qui permettra aux salariés de vivre mieux leurs trajets domicile-travail ». Le troisième projet concerne également les transports. « Il s’agit d’apporter des services supplémentaires. En installant des bornes numériques dans les bus et dans les rues, les personnes pourront avoir accès à une mine d’informations sur telle maison de quartier, telle entreprise, telle structure, les services qu’elles proposent etc… ».

 

Une solution pour les parents
en horaires décalés

 


Enfin, avec les réseaux de femmes et d’insertion du département, la Maison du temps et de la mobilité travaille sur la création d’un service de garde d’enfants en horaires atypiques ou en urgence. « Les parents qui ont des horaires de travail décalés rencontrent de véritables difficultés pour faire garder leurs enfants. Les « ateliers » réfléchissent à la création d’un réseau d’assistantes maternelles polyvalentes qui interviendraient à domicile ». Réfléchir sur notre quotidien, identifier les problèmes et mettre en œuvre des solutions… La Maison du temps et de la mobilité s’est fixée pour objectif de mobiliser les énergies autour de l’amélioration de la vie quotidienne dans le Territoire de Belfort. Un projet porteur d’espoir pour les années et les générations à venir car, comme soulignait Antoine de Saint-Exupéry « l’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre ».

> Contact
Maison du temps et de la mobilité
Luc Gwiazdinski, directeur
7, rue Plumeré
90000 Belfort
Tél. 03 84 90 17 00
E-mail : mtm@maisondutemps.asso.fr  

http://www.maisondutemps.asso.fr/plugin.htm 

 

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Dimanche 14 octobre 2007
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